Drame

Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 12:00
wanda's cafe rudolph kristofferson© 1985 Island Alive All Rights Reserved

Réalisé par Alan Rudolph
Année de production : 1985
Avec Kris Kristofferson, Keith Carradine, Lori Singer...


Verdict : 13/20

Un café nommé Wanda

Coiffures kitsch, décors psychédéliques, musiques éthérées… Toute l’atmosphère si particulière des années 1980 est présente dans le long-métrage d’Alan Rudolph. Des années fric et superficielles, que le cinéaste se plaît à croquer à travers la transformation physique de Coop (Keith Carradine), un marginal venu avec femme et enfant tenter sa chance à la ville.

Entre burlesque,  comédie romantique et film noir désespéré, Wanda’s café est une oeuvre plutôt incongrue, mais dont l’ambiance envoûtante convaincra les amateurs de cinéma décalé. La présence de Divine, égérie des films de John Waters, dans un rôle de chef de gang, vaut à cet égard son pesant de cacahuètes. Un DVD impeccable, au bonus peu nombreux mais vraiment intéressants.

Un DVD Wild Side, 14,99 € (prix public conseillé).


Article publié dans La Tribune.

Par Jérôme Béalès - Publié dans : Drame - Communauté : Ciné DVD
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 11:26
photo film electra glide in blue© Wild Side
Réalisé par James William Guercio
Année de production : 1973
Avec Robert Blake, Billy Green Bush, Mitch Ryan...

Verdict : 15/20

Sur les routes désertiques d’Arizona, ils taillent la route, fièrement perchés sur leur monture motorisée. Contrairement à Easy Rider, sorti quatre années plus tôt, les « héros » du film de James William Guercio ne sont pas des hippies mais des flics. Road-movie sombre et contemplatif, Electra Glide in Blue est une oeuvre exigeante, convoquant les fantômes de John Ford et Monte Hellman. Présenté à Cannes en 1973, le film fut qualifié de fasciste par une partie de la critique. Une grossière erreur. Car en replaçant le film dans le contexte d’une Amérique en pleine désillusion post-hippie et hantée par ses démons vietnamiens, on s’aperçoit que Guercio signe une oeuvre désenchantée et cruelle, loin d’une quelconque idéologie extrémiste. Une véritable pépite, à découvrir sans tarder dans ce DVD aux bonus aussi passionnants que le film.
Un DVD Wild Side, 14,99 euros (prix public conseillé).

Article publié dans La Tribune.
Par Jérôme Béalès - Publié dans : Drame - Communauté : Ciné DVD
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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 17:49
photo two lovers james gray phoenix
Réalisé par James Gray
Année de production : 2008
Avec Joaquin Phoenix, GwynethPaltrow, Vinessa Shaw...


Verdict : 17,5/20


L'amour du risque

Dans un New York filmé de main de maître par James Gray, Leonard (Joaquin Phoenix) doit faire un choix cornélien. D’un côté, Sandra (Vinessa Shaw, une découverte), la jeune fille que ses parents lui ont choisie. De l’autre, Michelle (Gwyneth Paltrow), une femme belle et instable dont il tombe éperdument amoureux. Cette trame classique aux accents  shakespeariens est magnifiée par l’élégance de la mise en scène, la justesse de l’interprétation et une photographie sublime. Plus qu’un banal mélo, « Two Lovers » est un diamant brut, d’une puissance émotionnelle rare. Bonus peu nombreux mais passionnants (entretien avec James Gray, notamment).
Un DVD Wild Side, 19,99 euros.

Article publié dans La Tribune.
Par Jérôme Béalès - Publié dans : Drame - Communauté : Ciné DVD
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 16:24
(The Brave One)
Réalisé par Neil Jordan
Année de production : 2007
Avec Jodie Foster, Terrence Howard, Naveen Andrews...


Verdict : 14,5/20

Erica Bain (Jodie Foster) a tout pour être heureuse. Chroniqueuse radio, elle parcourt les rues de New-York à la recherche des sons et des ambiances lui permettant de retranscrire l’atmosphère de la ville. Des morceaux de vie qui font tout le sel de son émission intimiste, « Street Walk ». Fiancée à David, un séduisant infirmier, elle file le parfait amour.


Les deux tourtereaux doivent d’ailleurs bientôt se marier. Mais, un soir, la vie bien réglée d’Erica bascule. Alors que le couple se promène, une bande les agresse. David est battu à mort. Erica, une fois sortie du coma, doit réapprendre à vivre. Anéantie par la perte de son compagnon et angoissée rien qu’à l’idée de sortir de chez elle, la jeune femme finit par s’acheter une arme…

 

 

Conspué par une critique quasi unanime lors de sa sortie, ce revenge movie mérite pourtant mieux que sa réputation d'oeuvre nauséabonde. Bourré de bonnes idées – notamment l’utilisation astucieuse de la voix-off –, « A vif » bénéficie d’une mise en scène très cohérente, aux cadrages épousant parfaitement les tourments intérieurs et la descente aux enfers de l’(anti)héroïne. L’interprétation de Jodie Foster, quant à elle, s’avère d’une justesse et d’une intensité incroyables.

 


Sa relation avec le lieutenant Mercer (Terrence Howard, impeccable), à la fois touchante et ambiguë, est l’un des gros points forts du scénario et justifie un final que d’aucuns ont jugé douteux. Une fin certes très politiquement incorrecte mais dans la logique de l’évolution du personnage du policier. Alors est-ce suffisant pour qualifier de nauséeuse une œuvre aussi intense ? Non. Car « A vif » interroge la part obscure qui est en chacun de nous mais ne se fait pas pour autant le parangon de la loi du Talion. Plus qu’un simple film de vigilante, le dernier long-métrage de Neil Jordan est avant tout un drame sans concession, suffisamment complexe pour mériter plus que l’opprobre dont il a été la victime.

Par Jérôme Béalès - Publié dans : Drame - Communauté : Ciné DVD
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Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /Mai /2009 13:15

(12 Angry Men)

Réalisé par Sydney Lumet

Année de production : 1957

Avec Henry Fonda, Martin Balsam, John Fiedler...


Verdict : 17/20


Ils sont douze. Douze hommes enfermés dans une pièce attenante à la Cour durant le jour le plus chaud de l'année. Douze jurés devant décider si oui ou non, ce jeune homme a bien tué son père. Si ces douze citoyens américains, en chœur, le déclarent coupable, la chaise électrique l'attend. Après un tour de table, pour tous, c'est clair : le gamin a tué. Tous sauf un, le juré numéro huit. Cet architecte, brillamment interprété par Henry Fonda, a un « doute légitime ». Un long débat peut commencer.

Exceptionnel huis-clos adapté d'une pièce de théâtre, Douze hommes en colère est un vibrant plaidoyer pour une justice plus équitable. Nous ne saurons jamais si le jeune accusé est coupable ou innocent. Peu importe. Lumet, à l'aide d'une mise en scène et d'un montage impressionnants de maîtrise, démontre comment en quelques minutes un homme peut être envoyé à la mort. A mesure que les débats se poursuivent, que la tension monte dans cette pièce surchauffée, la caméra s'approche des visages des protagonistes. Les dimensions de la salle semblent se réduire, accentuant la sensation de confinement.

Une chaleur étouffante et douze personnes qui ne se connaissent pas autour d'une table. Dès le départ, la majorité des jurés  souhaite en finir le plus rapidement possible. « C'est sûr, il ne peut être que coupable », déclarent d'emblée plusieurs d'entre eux. Comment dans de pareilles conditions peut-on décider sereinement de la culpabilité ou de l'innocence de quelqu'un ? Voilà la question posée par Sydney Lumet. Une interrogation qui, plus de 50 ans après, demeure toujours tristement d'actualité.

Par Jérôme Béalès - Publié dans : Drame
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