Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /2010 16:10
http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/12_mikhalkov.jpg
Réalisé par Nikita Mikhalkov
Année de production : 2007
Avec Sergei Makovetsky, Nikita Mikhalkov, Sergey Garmash, Valentin Gaft...


Verdict : 14/20

12 jurés, un accusé, et un verdict à prononcer. L'histoire de 12 hommes en colère est connue, la pièce de Reginald Rose ayant été adaptée brillamment par Sydney Lumet pour le chef-d'œuvre que l’on sait. Mais l’intérêt de ce 12 se situe dans son contexte entièrement russe. Comme la pièce d’origine, le film de Mikhalkov dénonce un certains nombres de travers de la société russe, comme le racisme ou l’antisémitisme. Ici, l’accusé est un jeune tchétchène…

Contrairement à la version de Sydney Lumet, Nikita Mikhalkov se permet quelques entorses au principe de huis-clos et filme plusieurs flashbacks racontant la jeunesse de l’accusé. On voit également celui-ci prostré dans sa cellule… Finalement, ces scènes – souvent lourdes – ne font pas le principal intérêt de 12, qui trouve toute sa puissance dans le strict cadre du huis-clos. Dans la pièce réservée au jury (un vieux gymnase aménagé pour l’occasion !), chaque membre y va de son monologue de plusieurs minutes, ce qui donne lieu à d’exceptionnelles performances d’acteurs. Ces joutes verbales, filmées de main de maître, font toute la saveur et l’émotion de ce 12 hommes en colère typiquement russe. Malgré sa durée importante (2 h 30 tout de même), on ne s’y ennuie jamais.

Photo : © Kinovista
Par Jérôme Béalès - Publié dans : Drame - Communauté : Cinéma
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 16:10
http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/la_horde_affiche.jpg
Réalisé par Yannick Dahan et Benjamin Rocher
Année de production : 2008
Avec Claude Perron, Jean-Pierre Martins, Eriq Ebouaney, Doudou Masta, Yves Pignot...


Verdict : 13/20

Présenté à Sitges et à Venise, acclamé à Gerardmer, le « premier film de zombies français », réalisé par Yannick Dahan et Benjamin Rocher était attendu au tournant. Malgré de nombreux défauts, souvent inhérents à un premier film, La Horde tient ses promesses : action, gore et humour sont au rendez-vous.

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/la_horde_1.jpgDans une tour HLM de la banlieue nord de Paris, un groupe de flics ivres de vengeance sont aux prises avec une bande de gangsters. Ces deux groupes que tout oppose vont devoir pourtant s’allier lorsqu’une horde de zombies investit les lieux… Voilà pour un pitch lorgnant fortement sur Assaut de Carpenter, à la fois simple et efficace. Tant mieux. Une fois passée une intro calamiteuse tant au niveau de l’interprétation que de la mise en scène (celle-ci a heureusement été remontée depuis), l’action peut commencer. Au menu, bastons hardcore contre les zombies et dialogues plus que fleuris. Ces derniers, badass à souhait, auraient tout de même gagné à être un peu plus mesurés. Les flics de Braquo à côté, semblant être en effet de gentils poètes romantiques !

Côté casting, on peut compter sur des vrais « gueules ». Si Jean-Pierre Martins s’avère impressionnant de charisme et de justesse, on ne peut pas en dire autant d’une Claude Perron totalement à côté de la plaque. D’une manière générale, la direction d’acteurs aurait de toute façon pu être mieux maîtrisée. Trop souvent dans l’outrance, l’interprétation fait malheureusement tomber certaines scènes dans le ridicule. Mais La horde peut compter sur Yves Pignot, un comédien issu de la Comédie Française. Son personnage de vétéran de la guerre d’Indochine, iconique et jubilatoire, vaut à lui-seul le coup d’œil !

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/la_horde_2.jpgBien rythmé et spectaculaire, le premier long de Dahan et Rocher transcende son maigre budget de trois millions d’euros. Techniquement, le film s’avère plutôt réussi. La photo, contrastée et crépusculaire, est superbe et les effets spéciaux se révèlent plus que corrects, les deux coréalisateurs se payant même le luxe d’une superbe scène apocalyptique sur les toits de Paris !

La mise en scène, quant à elle, s’avère très bien menée : les cadrages sont recherchés et offrent de nombreux plans iconiques à souhait. On pourra seulement regretter un étonnant abus de shaky cam lorsque l’action accélère.

Fun et bourrine, La Horde est un vrai défouloir. Sans trop en dévoiler, le dernier tiers du film comblera non seulement les fans de Braindead, mais aussi les gamers adeptes de Left 4 Dead ! Des références parfaitement digérées par Dahan et Rocher, qui nous offrent un film transpirant l’amour du cinoche populaire. Un film qui, certes, souffre d’un scénario bordélique et d’une interprétation pas toujours au top, mais qui en donne pour son argent au spectateur. Pas prétentieux pour un sou, et aussi violent que jouissif, La Horde mérite tout le soutien de fans de cinéma de genre. Mais aussi des autres.

Visuels : © Le Pacte

Par Jérôme Béalès - Publié dans : Horreur - Communauté : Cinéma et culture alternative
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 07:44
http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/wolfman_affiche.jpgRéalisé par Joe Johnston
Année de production : 2008
Avec Benicio del Toro, Anthony Hopkins, Emily Blunt, Hugo Weaving...


Verdict : 16/20

Remake du classique de 1941 signé George Waggner, dans lequel l’excellent (mais pas aussi bon que son père) Lon Chaney Jr endossait le costume du célèbre lycanthrope, ce Wolfman nouvelle génération est, disons-le d’emblée, une franche réussite. Malgré les nombreux soucis de production qu’il a connu (changement de réalisateur, score de Danny Elfman écarté avant d’être réintégré, sortie maintes fois repoussées, etc.), le résultat final s’avère tout à fait réjouissant. Joe Johnston, habile faiseur auteur de succès familiaux comme Jumanji ou encore Chéri j’ai rétréci les gosses, signe une mise en scène de haute volée, magnifiée par une photographie gothique de toute beauté.

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/wolfman_1.jpgMais la grande force de Wolfman demeure son premier degré totalement assumé. Point d’humour ni de distanciation à l’égard du genre abordé, comme Le loup-garou de Londres et Wolf avaient pu le faire auparavant. Au contraire, la mythologie propre à la lycanthropie est ici entièrement respectée. Pleine lune, hurlements nocturnes, malédiction ancestrale, balles en argent… Tout y est, pour le plus grand plaisir des fans de films fantastiques à l’ancienne ! Ceux-ci risquent d’être encore plus surpris par la violence du long-métrage, pour une fois totalement rentre-dedans. Gore et sauvage, Wolfman nous réserve notamment une décapitation ainsi que quelques égorgements du plus bel effet ! Pas d’effets numériques ici mais bien de bons vieux maquillages à l’ancienne, conçus par Rick Baker himself !

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/wolfman_2.jpgEt le casting dans tout ça ? Classe et bien choisi. Anthony Hopkins est génial en vieux lord sombre et ambigu, et n’a jamais été aussi bon depuis très longtemps. Emily Blunt, bien que son rôle ait l’air d’avoir été raccourci au montage, est également parfaite en jeune femme aussi aimante qu’inquiète. Benicio del Toro enfin, crève littéralement l’écran. Le choisir pour incarner cet homme frappé du sceau de la malédiction n’était pas forcément évident. L’interprète du Che livre pourtant une prestation impressionnante, aussi intense qu’élégante. Quant au costume de loup-garou, il le porte à merveille !

Bref, Wolfman aurait tout du film parfait si l’on ne ressentait pas parfois un léger manque d’émotion. Pour un scénario, par ailleurs très bien mené, basé en partie sur une romance entre Talbot (Del Toro) et Gwen (Blunt), il faut reconnaître que c’est un petit peu dommage. Mais difficile de faire la fine bouche devant un film aussi respectueux d’une des mythologies les plus passionnantes du fantastique.

Par Jérôme Béalès - Publié dans : Fantastique / Horreur - Communauté : Cinéma et culture alternative
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 16:57
http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/affiche_achille_et_la_tortue.jpg
Réalisé par Takechi Kitano
Année de production : 2008
Avec Takeshi Kitano, Kanako Higuchi, Yurei Yanagi...

Verdict : 16/20

L’histoire : Depuis qu’il est enfant, Machisu ne rêve que d’une chose, devenir peintre. Contre vents et marées, il tente de mener sa barque et souhaite devenir un artiste reconnu. L’enfance, les jeunes années, puis l’âge mûr : on suit la carrière de ce peintre finalement raté durant les trois grandes étapes de la vie.

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/achille_et_la_tortue_1.jpgComique, chanteur, animateur de télévision, acteur, peintre… Takeshi Kitano est un véritable artiste touche-à-tout. Depuis Glory to the Filmmaker et Takeshi’s, le cinéaste met en abyme ses interrogations au sujet de son statut d’artiste et de la place de celui-ci dans la société. Achille et la tortue ne déroge pas à la règle. On aurait pu craindre un exercice de style un peu vain, voire nombriliste ou donneur de leçons, il n’en est heureusement rien. Kitano ne laisse pas le public au bord de la route et signe un long-métrage brillant, aussi drôle qu’émouvant.

Machisu, depuis ses jeunes années jusqu’à l’âge mûr, ne vit que pour la peinture. Malheureusement pour lui, il n’a pas de talent et copie involontairement les plus grands. Picasso, Mondrian, Klee, Basquiat, Warhol… Le peintre peine, c’est le moins que l’on puisse dire, à trouver son style. Machisu a beau s’essayer à toutes les techniques possibles et inimaginables, le résultat est au pire médiocre, au mieux impersonnel. De multiples tentatives qui donnent lieu à des scènes burlesques aussi drôles que jubilatoires, portées dans le dernier tiers du film par Kitano lui-même (Beat Takeshi, donc), au jeu à la fois intense et, comme à son habitude, impassible !

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/achille_et_la_tortue_2.jpgMais l’émotion n’est bien entendu pas laissée de côté. Le cinéaste nippon est vraiment passé maître dans l’art de souffler le chaud et le froid, de faire surgir quelques larmes derrière l’apparente légèreté. Impossible de ne pas s’émouvoir devant Machisu enfant, qui, devenu orphelin, se retrouve coincé dans une famille d’adoption qui ne le comprend pas. Lui veut peindre, son oncle le fait trimer. Mais l’artiste alors en herbe ne se décourage pas et persistera toute sa vie à faire ce qu’il aime. C’est là toute la beauté d’Achille et la tortue mais aussi tout son paradoxe : Machisu aura beau consacrer sa vie à son art, jamais il ne deviendra un peintre talentueux. Un constat amer mais sans concession ni démagogie, au service d’un film passionnant, qui confirme que Kitano n’a rien perdu de son intelligence de cinéaste.

Par Jérôme Béalès - Publié dans : Comédie dramatique - Communauté : Cinéma et culture alternative
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 08:09
http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/affiche_guerrier_silencieux.jpg
Réalisé par Nicolas Winding Refn
Année de production : 2009
Avec Mads Mikkelsen, Maarten Steven, Jamie Sive...

Sortie le 10 mars 2010


Verdict : 17/20


Après Bronson, faux biopic barré et jubilatoire sur la vie du taulard le plus dangereux d’Angleterre, Nicolas Winding Refn a enfin réalisé le projet qui lui tenait tant à cœur depuis longtemps : Valhalla Rising – Le guerrier silencieux. Le résultat : un trip mystique et métaphysique aussi fascinant que déstabilisant.

Une heure trente durant, on suit les traces de One-Eye, un guerrier borgne et muet, retenu longtemps prisonnier par Barde, un redoutable chef de clan. Ces années de captivité, que l’on devine nombreuses, l’ont endurci à l’extrême, pour finir par le transformer en un guerrier redoutable. Une trajectoire qui n’est pas sans rappeler les jeunes années de Conan le Cimmérien. On le verra, la comparaison s’arrête là. Un jour, One-Eye parvient à s’échapper, ne laissant derrière lui que des cadavres. Il poursuivra sa route, accompagné d’un jeune garçon, jusqu’à entraîner avec lui plusieurs guerriers vikings vers une destination inconnue…

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/guerrier_silencieux_mads_mikkelsen_2.jpgSous les traits de ce guerrier iconique, on retrouve l’immense Mads Mikkelsen, qui renoue depuis Pusher avec le cinéaste qui l’a révélé. Aussi mutique qu’intense, l’acteur livre une prestation impressionnante, sans jamais ouvrir la bouche. Une performance magnifiée par la mise en scène de NWR, d’une puissance incroyable. Tourné le plus souvent à l’épaule, Le guerrier silencieux bénéficie de cadrages ultra recherchés, d'une photographie sublime ainsi que de choix formels réellement audacieux. Le montage alterné est d’une habileté à toutes épreuves et l’on se souviendra longtemps des visions de One-Eye, baroques et tourmentées.

Le cinéaste colle littéralement à ses personnages et les place au milieu d’une nature filmée avec une égale virtuosité. L’ensemble est magnifié par un traitement sonore au diapason : la musique synthétique, quasi industrielle et aux basses puissantes, immerge le spectateur dans une ambiance pesante et hypnotique.

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/guerrier_silencieux.jpgL’ensemble, avouons-le, relève du suicide commercial pur et simple. Lent et contemplatif, souvent abscons, Le guerrier silencieux risque fort de s’aliéner la moitié du public et de la critique. Qu’importe. Suivre ces guerriers, aux visages hagards, perdus au cœur des montagnes, les voir recroquevillés dans leur bateau au milieu de la brume, mourant de faim et de soif, est une expérience à bien des égards fascinante et qui rappelle le chef-d’œuvre de Werner Herzog, Aguirre, la colère de Dieu.

Bref, ceux qui espéraient des combats épiques à la Braveheart risquent d’être bien déçus. Les autres, quant à eux, se délecteront de cette ambiance mystique et déliquescente, parsemé à quelques occasions d’éclats de violence à la brutalité inouïe. Le Guerrier silencieux est donc une œuvre exigeante, dont les fulgurances visuelles et l’audace forcent le respect.

Visuels : © Le Pacte

Par Jérôme Béalès - Publié dans : Drame - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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