Les Yeux sur l'Ecran La passion du cinéma
Réalisé par Danis Tanovic
Année de production : 2009
Avec Colin Farrell, Christopher Lee, Jamie Sives, Paz Vega, Kelly Reilly...
Verdict : 13/20
LE FILM
Après No Man's Land, une comédie féroce mais un brin surestimée sur l'absurdité de la guerre, Danis Tanovic revient avec Eyes of War, un long-métrage mettant en scène le quotidien terrible de deux photographes de guerre. Plus que le conflit en lui-même, prenant place dans le premier tiers du film au Kurdistan, le cinéaste bosniaque préfère s'attarder sur le choc post-traumatique subi par un photographe revenu au pays. Un choix pertinent porté par un fabuleux Colin Farrell impressionnant d'émotion et de justesse. Face à lui, le légendaire Christopher Lee incarne un psychiatre au lourd passé venu lui apporter son aide...
Emmené par un casting très solide (n'oublions pas la lumineuse Keilly
Reilly), Eyes of War déçoit pourtant quelque peu, la faute à une mise en scène fade et sans idées ainsi qu'à quelques longueurs qui ne rendent pas justice à un scénario au demeurant intéressant.
Mais Danis Tanovic, par son refus du sensationnel et son traitement extrêmement humain de ses personnages, gagne son pari et signe un long-métrage honnête, à défaut d'être grandiose. A voir
impérativement pour la performance d'un Colin Farrell littéralement habité.
LES BONUS
Ils sont très légers. En plus de quelques bandes-annonces, le DVD contient un making-of de trente minutes qui aurait gagné à être moins promotionnel. On se consolera devant les extraits d'interviews du grand Christopher Lee, passionnant et plein d'humour.
Eyes of War, un film de Danis Tanovic
Distributeur : Bac Films
Merci à Cinetrafic
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cinéma

Réalisé par Takechi Kitano
Année de production : 2008
Avec Takeshi Kitano, Kanako Higuchi, Yurei Yanagi...
Verdict : 16/20
LE FILM
L’histoire : Depuis qu’il est enfant, Machisu ne rêve que d’une chose, devenir peintre. Contre vents et marées, il tente de mener sa barque et souhaite devenir un artiste reconnu. L’enfance, les jeunes années, puis l’âge mûr : on suit la carrière de ce peintre finalement raté durant les trois grandes étapes de la vie.
Comique, chanteur, animateur de télévision, acteur, peintre…
Takeshi Kitano est un véritable artiste touche-à-tout. Depuis Glory to the Filmmaker et Takeshi’s, le cinéaste met en abyme ses interrogations au sujet de son statut d’artiste
et de la place de celui-ci dans la société. Achille et la tortue ne déroge pas à la règle. On aurait pu craindre un exercice de style un peu vain, voire nombriliste ou donneur de leçons,
il n’en est heureusement rien. Kitano ne laisse pas le public au bord de la route et signe un long-métrage brillant, aussi drôle qu’émouvant.
Machisu, depuis ses jeunes années jusqu’à l’âge mûr, ne vit que pour la peinture. Malheureusement pour lui, il n’a pas de talent et copie involontairement les plus grands. Picasso, Mondrian, Klee, Basquiat, Warhol… Le peintre peine, c’est le moins que l’on puisse dire, à trouver son style. Machisu a beau s’essayer à toutes les techniques possibles et inimaginables, le résultat est au pire médiocre, au mieux impersonnel. De multiples tentatives qui donnent lieu à des scènes burlesques aussi drôles que jubilatoires, portées dans le dernier tiers du film par Kitano lui-même (Beat Takeshi, donc), au jeu à la fois intense et, comme à son habitude, impassible !
Mais l’émotion n’est bien entendu pas laissée de côté. Le
cinéaste nippon est vraiment passé maître dans l’art de souffler le chaud et le froid, de faire surgir quelques larmes derrière l’apparente légèreté. Impossible de ne pas s’émouvoir devant
Machisu enfant, qui, devenu orphelin, se retrouve coincé dans une famille d’adoption qui ne le comprend pas. Lui veut peindre, son oncle le fait trimer. Mais l’artiste alors en herbe ne se
décourage pas et persistera toute sa vie à faire ce qu’il aime. C’est là toute la beauté d’Achille et la tortue mais aussi tout son paradoxe : Machisu aura beau consacrer sa vie à
son art, jamais il ne deviendra un peintre talentueux. Un constat amer mais sans concession ni démagogie, au service d’un film passionnant, qui confirme que Kitano n’a rien perdu de son
intelligence de cinéaste.
LES BONUS
Hein, quoi, quels bonus ? Eh bien oui, cette édition ne comporte aucun bonus digne de ce nom, si ce n'est une simple bande-annonce. Pour un film tel qu'Achille et la Tortue, un commentaire audio ou au moins une interview de Takeshi Kitano n'auraient pas été de trop. Dommage.
Achille et la tortue, un film de Takeshi Kitano
Image : 1.85 - 16/9 compatible 4/3
Audio : japonais stéréo et 5.1 Sous-titres
français
Distributeur : Océan Films
Merci à Cinetrafic
Découvrez également : Les peintres au
cinéma
(Going the Distance)
Réalisé par Nanette Burstein
Année de sortie : 2010
Avec Drew Barrymore, Justin Long, Charlie Day, Jason Sudeikis, Christina Applegate
Verdict : 15/20
Synopsis : Erin et Garrett sont très bien ensemble, même quand ils ne le sont pas. Lorsqu’Erin,
jeune étudiante en journalisme, part pour San Francisco terminer ses études, son petit ami Garrett, jeune découvreur de talents musicaux, reste à Manhattan poursuivre ses ambitions dans l’attente
d’une promotion qui lui a été promise. (…) Mais lorsque leur attente semble tirer à sa fin, Erin décroche le job de ses rêves en Californie, tandis que la carrière de Garrett s’emballe à New
York. Les grandes retrouvailles tant attendues pourraient les séparer pour de bon…à moins que leur amour ne tienne bon (source Allociné).
Si elle réalise avec Trop Loin pour toi son premier long-métrage de fiction, Nanette Burstein est loin d’être une inconnue dans le milieu du documentaire. On lui doit notamment American Teen, un excellent docu sur la jeunesse des campus américains diffusé il y a quelques temps sur Canal Plus. Justesse du regard, drôlerie et sensibilité : ces trois qualités se retrouvent dans Trop Loin pour toi, une comédie romantique au pitch assez banal mais à l’humour dévastateur.
Incroyable mais vrai : nous tenons enfin une romance qui ne s’enfonce pas dans la guimauve et les bons sentiments, et ce malgré un final somme toute prévisible.
Si la mise en scène, fonctionnelle, ne restera pas dans les mémoires, la réalisatrice a en revanche tout misé sur son casting. Bien lui en a pris. Le couple formé par la très attachante Drew Barrymore et Justin Long fonctionne à merveille, sans oublier des seconds rôles savoureux renforçant encore le potentiel comique du film. Bien rythmé, le scénario tient en haleine jusqu’au dénouement et offre une série de scènes burlesques savamment dosées. Une jolie réussite donc, dans un genre qui n’en avait plus connu depuis longtemps. A voir en couple, bien entendu !

Réalisé par Nimrod Antal
Année de production : 2010
Avec Adrien Brody, Walton Goggins, Topher Grace...
Verdict : 14/20
Il était difficile de passer après le Predator de 1987, monument de survival SF aussi brutal que jouissif dans lequel Schwarzenegger et sa bande de bras cassés se frottaient en pleine
jungle à un Alien rasta sanguinaire et insaisissable. Pour ce reboot de la franchise, Robert Rodriguez producteur s’entoure du très bon Nimrod Antal (Motel), dont la mise en scène, sans atteindre la maestria de John McTiernan, s’avère efficace et
spectaculaire.
Même s’il n’égale pas le niveau du premier, ce Predators new-look est un réel plaisir qui a su conserver à merveille un certain esprit fleurant bon l’action dopée à la testostérone des années 1980. Dans le rôle du gros bras de service, on retrouve Adrien Brody, qui, ô surprise, se révèle franchement crédible en mercenaire malgré une musculature fort peu comparable à celle de l’ami Schwarzie !
Côté scénario, Predators pâtit quelque
peu de certaines incohérences, notamment dans sa seconde partie avec un Laurence Fishburne ridicule, et surtout d’un twist final pour le moins tiré par les cheveux. Malgré tout, le film comporte
de nombreuses de bonnes idées, à l’instar d’une première partie débutant en véritable Cube dans la jungle, le casting entier étant parachuté en territoire hostile sans qu’il sache
comment il a atterri ici.
Mais un épisode de Predator ne serait rien sans ses créatures. De ce côté-là, le long-métrage de Nimrod Antal tient son pari, les principaux predators se révélant menaçants et iconiques à souhait.
Malgré un budget réduit, des dialogues caricaturaux et une grosse baisse de rythme en milieu de parcours, Predators est une bonne série B, efficace et sans prétention, dont les quelques effets sanguinolents font clairement plaisir à voir. Pas de tromperie sur la marchandise donc, le spectacle est au rendez-vous, pour le plaisir des fans de l’extra-terrestre aux dreadlocks ! Après deux Alien vs Predators calamiteux, ce reboot teigneux redore enfin le blason de ce monstre mythique.
Verdict : 15/20
La série
Après le film oscarisé de Paul Haggis, place à Collision, la série télé. Tout n’était pas gagné d’avance tant le long-métrage, malgré un bon accueil public et critique, pâtissait d’un ton prétentieux et d’un script tellement « hénaurme » qu’il en devenait risible. Ici, la série reprend le concept du film, à savoir présenter les destins croisés de personnages divers et variés dans une Los Angeles multiculturelle et aux contrastes sociaux extrêmement importants. Ce qui fonctionnait mal dans un format court marche en revanche très bien dans ces 13 épisodes de 45 minutes. On prend le temps de s’attacher à des personnages hauts en couleurs et à leurs destins parfois tragiques. Parmi eux, on retrouve le grand et regretté Dennis Hopper dans le rôle d’un producteur de musique milliardaire excentrique et imprévisible. L’occasion pour mister Easy Rider de livrer une dernière prestation géniale, dans un cabotinage dont il avait le secret. Inoubliable. Autour de lui, le reste du casting s’en tire très bien avec une mention spéciale à Ross McCall et Jocko Sims, incarnant respectivement un flic infidèle et un jeune chauffeur black, poète à ses heures.
A quelques exceptions près, on ne s’ennuie jamais devant Collision, grâce à un scénario passant allègrement
de la chonique sociale à la comédie, sans oublier le polar. Porté par une mise en scène solide et une splendide photographie, cette première saison, plus divertissante et moins moralisatrice,
enterre sans problème le film dont elle est tirée.
Les bonus
On retrouve le sempiternel making-of promotionnel ainsi qu’une fin alternative du dernier épisode de la
saison. Un peu léger tout ça !
Collision
Un série de Glen Mazzara avec Dennis Hopper et Ross McCall.
Distribution : Metropolitan
Date de sortie : 18/05/2010
Merci à Cinétrafic.
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