Les Yeux sur l'Ecran La passion du cinéma
(Orphan)
Après une Maison de cire sympathique mais oubliable, le nom de Jaume Collet-Serra à la mise en scène
ne laissait présager rien de bien transcendant. On avait tort. Cadrages soignés, photographie superbe et interprétation impeccable : voilà les ingrédients de ce film d’angoisse aussi
flippant que réussi. Pourtant, dans le registre des gamins maléfiques, il était difficile de passer après Le village des damnés, Les révoltés de l’an 2000 ou bien sûr Damien la
malédiction. Le pari s’avère pourtant gagné haut la main, tant le cinéaste, mêlant classicisme et influences de l’école fantastique espagnole, parvient à faire monter crescendo la tension.
Cette tension latente, Isabelle Fuhrman, 11 ans au moment du tournage, la distille tout au long de cette histoire d’orpheline adoptée par une famille à l’équilibre fragile. Un nom à retenir, tant
l’interprète d’Esther livre une prestation époustouflante et toute en nuances.
Intelligente, brillante même, et très mature pour son âge, Esther est une gamine parfaite. Trop parfaite. Mélange d’angélisme et de froideur calculatrice, la petite orpheline ne tarde pas à se
montrer sous un jour de plus en plus inquiétant… Jusqu’à mettre en danger la vie de ceux qui l’entourent.

Malgré quelques jump-scares (procédé visuel et sonore visant à faire sursauter le spectateur) un peu systématiques, une bande-son assez médiocre et une dernière partie « slasheresque » assez convenue par rapport au reste, Esther possède des atouts qui placent ce thriller horrifique bien au-dessus de la mêlée. L’intrigue est originale et a le mérite d’être très surprenante (mais chut !), et la mise en scène, on l’a dit, demeure d’une efficacité à toutes épreuves. Ajoutez à cela quelques références bien senties (Psychose, Freaks… Des hommes de goût !) et des scènes plutôt osées pour une production issue d’un grand studio, et vous obtenez un long-métrage à l’énorme capital-sympathie. Glauque, effrayant et bien fichu, essayer Esther, c’est… l’adopter.
Symbole de l'Amérique reaganienne
triomphante, Rocky 4 est à voir pour l'affrontement jouissif entre Stallone et un Dolph Lundgren énorme de charisme ! Loin d'être le meilleur opus de la saga, cet épisode s'avère
jouissif de bout en bout. Crétin certes, mais divertissant, c'est sûr.
(The Boat that Rocked)
A bord, l’ambiance est joyeuse et bon enfant. Au menu, vannes à foison et histoires de fesses à profusion. Il ne faut pas
chercher un scénario trop élaboré, ni un tableau sociologique de la contre-culture anglaise des années 1960. Curtis a seulement souhaité rendre hommage aux radios pirates de sa jeunesse et le
fait avec simplicité et humour. Les personnages sont rebelles, certes, mais pas trop. Ils veulent uniquement prendre du bon temps et partager, malgré un gouvernement bien décidé à les faire
taire, leur passion du rock avec leurs auditeurs. Bref, malgré quelques scènes un peu caricaturales (toutes celles qui concernent le ministre et ses sbires en fait) et une mise en scène juste
correcte, on se laisse aisément prendre au jeu devant tant de fraîcheur. L’ensemble est drôle, agréable et possède une bande-son absolument fabuleuse. Après deux heures de Good Morning
England, on a qu’une envie : enfourner une bonne vieille galette rock des sixties dans sa platine et mettre le son à fond. Que du bonheur !
La mise en
scène de Scorsese alliée à un scénario habile et à une interprétation sans faille : voilà le cocktail gagnant de ce brillant remake de l'excellent thriller hong-kongais Infernal Affairs.
En espérant que cette très bonne relecture donne envie au plus grand nombre de découvrir l'original d'Andrew Law et Alan Mak...
Réalisé par Hubert Gillet
Année de production : 2008
Avec Michèle Laroque, Martin Loizillon, Lola Naymark...
Verdict : 13,5/20
Louis est un enfant adopté. A 16 ans, il éprouve le besoin de connaître enfin sa mère biologique. Mais s’il parvient à la retrouver, celle-ci le repousse violemment. Peu à peu, le jeune homme et sa génitrice tentent de s’apprivoiser…
Sobre et d’une sincérité à toute épreuve, « Dans tes bras », le premier long-métrage d’Hubert Gillet, est un film fort dans lequel l’émotion affleure sans cesse. Michèle Laroque, habituée des comédies sans grande ambition artistique, s’en sort remarquablement dans ce contre-emploi peu évident. Son visage, témoin d’une souffrance enfouie de longue date, est filmé au plus près dans une mise en scène épurée à l’extrême, uniquement soutenue par de discrètes notes de guitare. Malgré un dénouement prévisible, Gillet signe un mélo bouleversant et parvient à éviter tout pathos. Avec un tel sujet, le pari était risqué. Il se révèle gagnant.
Photo : © Haut et Court
Derniers Commentaires