Mercredi 17 décembre 2008
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Réalisé par David Cronenberg
Année de production : 2007
Avec : Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel...
Verdict : 17,5/20
Deux œuvres majeures coup sur coup, adoubées par la critique. Cette fois ça y est : auparavant
méprisé par une certaine intelligentsia pour des films comme The Brood, Rage ou Scanners, Cronenberg est devenu fréquentable. Il était temps. Le Canadien reste pourtant l’auteur qu’il n’a jamais cessé d’être,
égrenant ses thèmes favoris tout au long d’une filmographie impressionnante et éclectique. Eastern Promises n’y
déroge pas et se révèle un diamant noir du film de gangsters. A travers la description d’une frange de la mafia russe à Londres (les vori v'zakone), Cronenberg nous offre, dans la droite lignée
de A History of Violence, une plongée vertigineuse dans les tréfonds de l’âme.
Entre moments d’intimité et instants d’une violence inouïe, le cinéaste filme juste et bien. Sa mise en scène, aux cadrages millimétrés, fait preuve d’un
classicisme digne des grands polars des années 1970. Une réalisation accompagnée par un casting quatre étoiles, emmené par un Viggo Mortensen des grands jours. Son regard glacial, sa violence
contenue et prête à éclater à tout moment, son ambivalence… Mortensen tient pour l’instant le rôle de sa carrière.
Une prestation extraordinaire qui n’étouffe pas pour autant un Vincent Cassel impeccable dans son rôle de mafieux pervers, fougueux et incontrôlable. Face à ces
deux poids lourds, Naomi Watts est moins marquante (son rôle veut cela) mais tient bien sa place.
Comme toujours chez Cronenberg, le film de genre est utilisé – et ses codes détournés – pour mettre en place des thématiques
passionnantes. Ici, les rapports familiaux sont une nouvelle fois décryptés, notamment à travers les relations père / fils au sein du gang. Mortensen, qui campe le chauffeur, y tient une place
primordiale. D’une intelligence redoutable, son personnage est d’une ambiguïté vénéneuse, et peut faire preuve d’une cruauté effroyable comme d’une incroyable humanité… Ceci jusqu’à l’ultime
scène, d’une puissance qui reste à jamais imprimée dans la rétine… Un classique instantané du film noir. Promesses tenues.
Par Jérôme Béalès
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Publié dans : Thriller / Suspense
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