Partager l'article ! [Critique] La horde : sauvage ou pas ?: Réalisé par Yannick Dahan et Benjamin Rocher Année de production : 2008 Avec Claude Perron, Jean-Pie ...
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Présenté à Sitges et à Venise, acclamé à Gerardmer, le « premier film de zombies français », réalisé par Yannick Dahan et Benjamin Rocher était attendu au tournant. Malgré de nombreux défauts, souvent inhérents à un premier film, La Horde tient ses promesses : action, gore et humour sont au rendez-vous.
Dans une tour HLM de la banlieue nord de Paris, un groupe de flics ivres de vengeance
sont aux prises avec une bande de gangsters. Ces deux groupes que tout oppose vont devoir pourtant s’allier lorsqu’une horde de zombies investit les lieux… Voilà pour un pitch lorgnant fortement
sur Assaut de Carpenter, à la fois simple et efficace. Tant mieux. Une fois passée une intro calamiteuse tant au niveau de l’interprétation que de la mise en scène (celle-ci a
heureusement été remontée depuis), l’action peut commencer. Au menu, bastons hardcore contre les zombies et dialogues plus que fleuris. Ces derniers, badass à souhait, auraient tout de même gagné
à être un peu plus mesurés. Les flics de Braquo à côté, semblant être en effet de gentils poètes romantiques !
Côté casting, on peut compter sur des vrais « gueules ». Si Jean-Pierre Martins s’avère impressionnant de charisme et de justesse, on ne peut pas en dire autant d’une Claude Perron totalement à côté de la plaque. D’une manière générale, la direction d’acteurs aurait de toute façon pu être mieux maîtrisée. Trop souvent dans l’outrance, l’interprétation fait malheureusement tomber certaines scènes dans le ridicule. Mais La horde peut compter sur Yves Pignot, un comédien issu de la Comédie Française. Son personnage de vétéran de la guerre d’Indochine, iconique et jubilatoire, vaut à lui-seul le coup d’œil !
Bien rythmé et spectaculaire, le premier long de Dahan et Rocher transcende son maigre
budget de trois millions d’euros. Techniquement, le film s’avère plutôt réussi. La photo, contrastée et crépusculaire, est superbe et les effets spéciaux se révèlent plus que corrects, les deux
coréalisateurs se payant même le luxe d’une superbe scène apocalyptique sur les toits de Paris !
La mise en scène, quant à elle, s’avère très bien menée : les cadrages sont recherchés et offrent de nombreux plans iconiques à souhait. On pourra seulement regretter un étonnant abus de shaky cam lorsque l’action accélère.
Fun et bourrine, La Horde est un vrai défouloir. Sans trop en dévoiler, le dernier tiers du film comblera non seulement les fans de Braindead, mais aussi les gamers adeptes de Left 4 Dead ! Des références parfaitement digérées par Dahan et Rocher, qui nous offrent un film transpirant l’amour du cinoche populaire. Un film qui, certes, souffre d’un scénario bordélique et d’une interprétation pas toujours au top, mais qui en donne pour son argent au spectateur. Pas prétentieux pour un sou, et aussi violent que jouissif, La Horde mérite tout le soutien de fans de cinéma de genre. Mais aussi des autres.
Visuels : © Le Pacte
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