Partager l'article ! [Critique] Sucker Punch : la science des rêves: Réalisé par Zack Snyder Sortie : 30 mars 2011 ...
Les Yeux sur l'Ecran La passion du cinéma
Réalisé par Zack Snyder
Sortie : 30 mars 2011
Avec Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone, Vanessa Hudgens, Scott Glenn...
Verdict : 13/20
Quelques mois après s'être essayé au film d'animation avec Le royaume de Ga'hoole, Zack Snyder
signe son grand retour avec une œuvre barrée et inclassable, malheureusement plombée par un scénario manquant cruellement d'enjeux dramatiques. Dommage, d'autant que Snyder a cette fois fait
l'effort – louable -, de proposer une histoire originale et non pas une adaptation. Sans surprise, les qualités de Sucker Punch sont essentiellement formelles. La
photographie est magnifique et la mise en scène, si l'on excepte des ralentis parfois trop systématiques, en met plein les yeux. Pas de doute, l'ami Zack est un énorme filmeur et l'on reste
souvent pantois face à un montage et des cadrages véritablement virtuoses. Seulement, une réalisation impressionnante ne fait pas un grand film et Sucker Punch ne déroge pas à la
règle.
En effet, l'inanité des dialogues et une interprétation parfois hasardeuse
(Scott Glenn, en tête, avaient sûrement des factures à rembourser) empêchent l'immersion dans ce récit beaucoup trop linéaire. Avec sa structure simpliste de jeu-vidéo moyen
(quête, objets à récolter, boss final), le script de Sucker Punch se suit sans trop de surprise et, avouons-le, avec parfois un léger ennui. Un défaut d'autant plus paradoxal que le film
empile les références geeks à tire larigot dans un bordel ambiant plutôt plaisant.
Quand Bayonetta rencontre Call of Duty
On passe sans coup férir du film de sabre (chambarra) avec un combat décapant face à un samouraï géant à du FPS contre des hordes de soldats zombifiés, sans oublier une séquence « orcs et dragons » rappelant de grands moments d'heroic fantasy. Seulement, ces scènes, aussi sympathiques soient-elles, ne parviennent jamais à faire oublier un scénario sans enjeu et des personnages (bien que très sexy) auxquels on peine à s'identifier. On déplorera enfin une classification PG-13 privant le long-métrage d'un cocktail d'hémoglobine et de nudité qui en aurait bien eu besoin. Malgré tous ses défauts, Sucker Punch mérite tout de même qu'on s'y attarde, ne serait-ce que pour découvrir la prise de risque d'un Snyder maladroit mais attachant dans sa volonté de célébrer le pouvoir de l'évasion et de l'imaginaire.
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