Partager l'article ! [Critique] Wolfman : loup y es-tu ?: Réalisé par Joe Johnston Année de production : 2008 Avec Benicio del Toro, Anthony Hopkins, Emily Blunt, H ...
Les Yeux sur l'Ecran La passion du cinéma
Réalisé par Joe Johnston
Remake du classique de 1941 signé George Waggner, dans lequel l’excellent (mais pas aussi bon que son père)
Lon Chaney Jr endossait le costume du célèbre lycanthrope, ce Wolfman nouvelle génération est, disons-le d’emblée, une franche réussite. Malgré les nombreux soucis de production qu’il a
connu (changement de réalisateur, score de Danny Elfman écarté avant d’être réintégré, sortie maintes fois repoussées, etc.), le résultat final s’avère tout à fait réjouissant. Joe Johnston,
habile faiseur auteur de succès familiaux comme Jumanji ou encore Chéri j’ai rétréci les gosses, signe une mise en scène de haute volée, magnifiée par une photographie gothique
de toute beauté.
Mais la grande force de Wolfman demeure son premier degré totalement assumé. Point
d’humour ni de distanciation à l’égard du genre abordé, comme Le loup-garou de Londres
et Wolf avaient pu le faire auparavant. Au contraire, la mythologie propre à la lycanthropie est ici entièrement respectée. Pleine lune, hurlements nocturnes, malédiction ancestrale,
balles en argent… Tout y est, pour le plus grand plaisir des fans de films fantastiques à l’ancienne ! Ceux-ci risquent d’être encore plus surpris par la violence du long-métrage, pour une
fois totalement rentre-dedans. Gore et sauvage, Wolfman nous réserve notamment une décapitation ainsi que quelques égorgements du plus bel effet ! Pas d’effets numériques ici mais
bien de bons vieux maquillages à l’ancienne, conçus par Rick Baker himself !
Et le casting dans tout ça ? Classe et bien choisi. Anthony Hopkins est génial en vieux
lord sombre et ambigu, et n’a jamais été aussi bon depuis très longtemps. Emily Blunt, bien que son rôle ait l’air d’avoir été raccourci au montage, est également parfaite en jeune femme aussi
aimante qu’inquiète. Benicio del Toro enfin, crève littéralement l’écran. Le choisir pour incarner cet homme frappé du sceau de la malédiction n’était pas forcément évident. L’interprète du Che
livre pourtant une prestation impressionnante, aussi intense qu’élégante. Quant au costume de loup-garou, il le porte à merveille !
Bref, Wolfman aurait tout du film parfait si l’on ne ressentait pas parfois un léger manque d’émotion. Pour un scénario, par ailleurs très bien mené, basé en partie sur une romance entre Talbot (Del Toro) et Gwen (Blunt), il faut reconnaître que c’est un petit peu dommage. Mais difficile de faire la fine bouche devant un film aussi respectueux d’une des mythologies les plus passionnantes du fantastique.
Derniers Commentaires