Partager l'article ! [Critique] Esther : un enfant, ça trompe énormément: (Orphan) Réalisé par Jaume Collet-Serra Année de production : 2008 Avec Vera Farmiga, ...
Les Yeux sur l'Ecran La passion du cinéma
(Orphan)
Après une Maison de cire sympathique mais oubliable, le nom de Jaume Collet-Serra à la mise en scène
ne laissait présager rien de bien transcendant. On avait tort. Cadrages soignés, photographie superbe et interprétation impeccable : voilà les ingrédients de ce film d’angoisse aussi
flippant que réussi. Pourtant, dans le registre des gamins maléfiques, il était difficile de passer après Le village des damnés, Les révoltés de l’an 2000 ou bien sûr Damien la
malédiction. Le pari s’avère pourtant gagné haut la main, tant le cinéaste, mêlant classicisme et influences de l’école fantastique espagnole, parvient à faire monter crescendo la tension.
Cette tension latente, Isabelle Fuhrman, 11 ans au moment du tournage, la distille tout au long de cette histoire d’orpheline adoptée par une famille à l’équilibre fragile. Un nom à retenir, tant
l’interprète d’Esther livre une prestation époustouflante et toute en nuances.
Intelligente, brillante même, et très mature pour son âge, Esther est une gamine parfaite. Trop parfaite. Mélange d’angélisme et de froideur calculatrice, la petite orpheline ne tarde pas à se
montrer sous un jour de plus en plus inquiétant… Jusqu’à mettre en danger la vie de ceux qui l’entourent.

Malgré quelques jump-scares (procédé visuel et sonore visant à faire sursauter le spectateur) un peu systématiques, une bande-son assez médiocre et une dernière partie « slasheresque » assez convenue par rapport au reste, Esther possède des atouts qui placent ce thriller horrifique bien au-dessus de la mêlée. L’intrigue est originale et a le mérite d’être très surprenante (mais chut !), et la mise en scène, on l’a dit, demeure d’une efficacité à toutes épreuves. Ajoutez à cela quelques références bien senties (Psychose, Freaks… Des hommes de goût !) et des scènes plutôt osées pour une production issue d’un grand studio, et vous obtenez un long-métrage à l’énorme capital-sympathie. Glauque, effrayant et bien fichu, essayer Esther, c’est… l’adopter.
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