Vendredi 16 octobre 2009
5
16
/10
/Oct
/2009
22:30
(Southern Comfort)
Réalisé par Walter Hill
Année de production : 1981
Avec Keith Carradine, Powers Boothe, Fred Ward...
Verdict : 14/20
Ils sont neuf. Neuf soldats de la Garde nationale américaine partis en reconnaissance dans les marécages de
Louisiane. Dans cet aquarium labyrinthique, les Cajuns veillent sur leur espace de vie. Alors quand un des soldats s'amuse à tirer à blanc vers ces autochtones, ceux-ci répondent... mais à balles
réelles. C'est le début d'une chasse à l'homme impitoyable où les mieux armés ne sont pas ceux qu'on croit.
Réalisé en 1981 par Walter Hill, solide artisan d'un cinéma plutôt musclé, Sans retour est un survival très réussi. Un an auparavant, le cinéaste prouvait
avec le génialissime Les guerriers de la nuit tout son talent pour filmer avec efficacité les affrontements de plusieurs bandes de délinquants. Après le survival urbain, place à une
traque sauvage, les pieds dans la flotte et la gueule pleine de boue !
Surfant beaucoup sur l'exceptionnel Delivrance de John Boorman, le long-métrage en renverse pourtant certains des codes. Ici, les fameux agresseurs sont de
braves trappeurs cajuns qui n'avaient rien demandé à personne, si ce n'est qu'on les laisse vivre en paix. Bien loin, donc, des rednecks congénitaux du film de Boorman. Les "héros" au contraire,
sont des soldats quasiment tous aussi stupides les uns que les autres ! Seuls deux membres de l'escouade trouvent grâce aux yeux du scénariste (et donc du
spectateur) : Spencer et Hardin, respectivement interprétés par Keith Carradine et Powers Boothe, deux "gueules" de ciné sympatoches ayant roulé leur bosse dans de nombreux seconds
rôles.
Au niveau formel, Sans retour bénéficie d'une mise en scène impeccable de Hill soulignée par une superbe musique signée Ry Cooder. Les discrets accords de
slide guitar composant cette bande originale sont pour beaucoup dans l'ambiance moite et claustro du long-métrage. Un film à la violence relativement modérée mais dont la tension
exacerbée, les interprètes convaincants et le final hallucinant retiennent l'attention à tous les instants.
Par Jérôme Béalès
-
Publié dans : Thriller / Suspense
-
5
Derniers Commentaires