Partager l'article ! Dead Set : quand les zombies envahissent la téléralité: Série créée par Charlie Brooker Réalisée par Yann Demange Année de production ...
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Vous ne verrez jamais ça en France. Imaginez un peu : du sang, de la tripaille et des zombies venus faire ripaille dans le Loft Story local. L’épidémie a
atteint toute l’Angleterre. Comme dans les vieux Romero, ses causes ne sont pas connues. Qu’importe. Ce qui compte, c’est la symbolique qu’il y a autour. Comment l’humain se comporte face à
l’indicible. Il n’y a plus qu’un maître-mot, survivre. A tout prix.
Au milieu de ce capharnaüm trônent les candidats du show de téléralité britannique Big Brother, tous aussi crétins les uns que les autres. Le plateau de l’émission devient le dernier refuge. En
coulisses, Patrick, producteur vulgaire, irascible et pour tout dire imbuvable, se retrouve coincé avec une bimbo décérébrée, dernière éliminée du jeu.
De son côté, Kelly (Jaime Winstone), petite assistante qui était juste bonne à servir le café, se découvre un courage et des capacités de survie sans limites. Une héroïne
née, qui ne sait pas que son petit ami tente désespérément de la rejoindre. Devant les grilles du bâtiment, les cadavres s’amoncellent. Les zombies sont de plus en plus nombreux et n’attendent
plus qu’une chose : entrer, et manger.
Créée par l’humoriste britannique Charlie Brooker, vrai fan de films d’horreur dont les éditos au vitriol noircissent régulièrement les colonnes du Guardian, Dead Set est un cas à part
dans le monde de la série télé. Le show est en effet produit par Zeppotron, qui n’est autre qu’une filiale d’Endemol, justement responsable (coupable ?) de Big Brother et ses dérivés. Et
Dead Set a poussé la satire jusqu’à confier le rôle de l’animatrice de l’émission à Davina McCall, la vraie présentatrice !
Le plus étonnant dans tout ça, c’est que cette filiation avec Endemol n’a en rien entravé la liberté créative du projet et encore
moins sa tonalité satirique. Tant mieux. Efficace, rythmé, angoissant et ultra gore, Dead Set fait dans la surenchère et ça marche. L’interprétation est parfaite, avec une mention
spéciale à Andy Nyman, qui campe avec jubilation ce producteur pourri jusqu’à l’os. De loin le personnage le plus comique et le plus réussi de la série.
Si la critique sociale omniprésente doit énormément à George A. Romero, Zombie en tête, la réalisation tient en revanche beaucoup plus des films d’infectés modernes que sont 28 jours
plus tard, sa suite 28 semaines, ou encore Dawn of the Dead version Zach Snyder. Ici, les zombies cavalent, ce qui occasionne malheureusement des scènes de
poursuites parfois illisibles tant la caméra est secouée. Une mise en scène censée renforcer l’immersion mais qui ne fait que donner mal à la tête. Un parti-pris d’autant plus dommageable que le
suspense est fort bien mené et les effets spéciaux très réussis. Les zombies sont criants de vérité et les trucages gore éclaboussent l’écran avec maestria.
Mais le gore dans un film de zombies n’est rien sans le propos qui va avec. De ce point de vue, la série fonctionne bien et se permet une critique acerbe de l’abrutissement des masses par la
télévision. Trash et nihiliste, Dead Set était un pari osé. Sa qualité et sa singularité font d’autant plus plaisir à voir.
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