Mercredi 3 mars 2010
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Verdict : 16/20
Le film : Scénariste sur La cité de Dieu, Bruno Barreto
signe avec Rio Ligne 174 un drame social dur et poignant. Cette plongée anxiogène dans l’enfer des favelas parvient à faire ressentir toute la violence de ces quartiers gangrenés par la pauvreté
et le désespoir. Drogue, criminalité, prostitution… Le tableau dépeint par le cinéaste s’avère bien sombre mais permet de comprendre comment un gamin des rues finit par prendre en otage les
passagers d’un bus bondé. Emmenée par une mise en scène solide, l’histoire de Sandro, adolescent pris dans l’enfer de la drogue et de la petite délinquance, demeure passionnante de bout en bout.
Bruno Barreto capte à merveille ces instants de vie souvent dramatiques mais parfois drôles et touchants, bien aidé par des acteurs criants de naturels. Un excellent film donc, injustement passé
inaperçu à sa sortie.
Les bonus: ils ne rendent malheureusement pas justice au film.
L’interview de Bruno Barreto, au montage beaucoup trop cut, n’apprend finalement pas grand-chose sur la conception du long-métrage. Idem pour l’entretien avec le jeune Michel Gomes. L’interprète
de Sandro se révèle beaucoup trop avare en anecdotes et se limite à des propos convenu sur la bonne entente entre les membres de l’équipe.
Le module consacré aux coulisses du film enfin, est finalement le bonus le plus sympathique puisqu’on y
observe de nombreux instants du tournage pris sur le vif. On découvre donc par petites touches le travail de Bruno Barretto et notamment sa façon de diriger ses acteurs. Pas mal. Vient enfin la
traditionnelle bande-annonce.
Image : format 1: 1.85 - 16/9 compatible 4/3.
Audio : français stéréo et 5.1 / portugais stéréo et 5.1. Sous-titres français.
Un film de Bruno Barreto avec Michel Gomes et Chris Vianna
Distribution : OCEAN Films
http://www.ocean-films.com/
Date de sortie : 06/01/2010
Merci à Cinetrafic.
Par Jérôme Béalès
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Mardi 23 février 2010
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19:05
Réalisé par Darielle Tillon
Année de production : 2009
Avec Mélaine Lebreton, Mickael Rebouilleau, Marthe Sébille...
Verdict : 04/20
Synopsis : David et Eric, deux frères d'une vingtaine d'années tiennent "le ranch", snack bar d'un
camping perdu dans les dunes d'une immense plage normande. C'est la fin de la saison, les surfeurs et les touristes se font rares. Gagnés par "l'inertie" ambiante, David et Bouclette (monitrice
du Poney club) tentent doucement d'envisager la saison creuse et les mois à venir... Eric, le frère aîné, semble pour sa part tourmenté, tiraillé... Il est déjà un peu "ailleurs". Un jour, il
disparaît... pour de bon... (source Allociné).
Concentrant toutes les tares d’un certain cinéma d’auteur subventionné, le premier long-métrage de Darielle
Tillon excelle dans l’art de filmer le vide et l’ennui avec une prétention qui fait froid dans le dos. Au menu de ce road-movie pseudo évanescent, on s’amusera à compter les longues plages de
silence qui pensent en dire beaucoup, les regards vides d’acteurs sous Prozac, sans compter les tremblotements d’une caméra qui semble ne jamais savoir ce qu’elle fait là. Seul moment rigolo de
ce calvaire pelliculé, les cinq minutes de concert électro-rock durant lesquelles le chanteur beugle un « suce mon nerf optique » du plus bel effet. C’est peu.
Par Jérôme Béalès
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Mardi 23 février 2010
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18:44
Réalisé par Wang Quan An
Année de production : 2009
Avec Yu Nan, Cheng Zhengwu, Zhao Luan...
Verdict : 14/20
Lily, ouvrière dans l’industrie textile, partage son quotidien entre un travail éprouvant, un mari qu’elle
n’aime plus, et l’éducation de son fils. Une vie difficile, marqué par l’ennui et les difficultés financières. Hélas, les choses ne s’arrangent pas le jour où elle apprend qu’elle est atteinte
d’une maladie incurable. Condamnée, Lily part sur les traces de son passé…
Avec un pitch pareil, il n’aurait pas été difficile de sombrer dans le pathos et le sujet tire-larmes. Pourtant, le cinéaste chinois Wang Quan An, qui signe avec La tisseuse son
quatrième long-métrage, s’en tire bien et parvient à faire surgir un réelle émotion.
Pour incarner Lily, le cinéaste retrouve Yu Nan, son actrice
fétiche. La jeune femme, au jeu aussi intense que fragile, signe une interprétation éblouissante, et porte à elle seule le film sur ses épaules. La mise en scène, sobre et naturaliste, n’est pas
dénuée d’intérêt et s’adapte parfaitement au ton du long-métrage. Car devant un sujet aussi grave, Wang fait preuve d’une grande pudeur. Selon les situations, la caméra s’avance ou recule, pour
épouser au mieux les tourments intimes de son héroïne.
Lent, contemplatif et peu bavard, La tisseuse fait le choix de la sobriété. Au détour d’un regard, d’un silence, l’émotion affleure, pour ne plus lâcher le spectateur. Un bon film donc,
même si un certain manque de rythme se fait parfois sentir.
Visuels : © Pretty Pictures
Par Jérôme Béalès
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Mardi 23 février 2010
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18:37
Réalisé par Tom Ford
Année de production : 2008
Avec Colin Firth, Julianne Moore, Nicholas Hoult...
Verdict : 13,5/20
Adaptant un roman de Christopher Isherwood, le couturier Tom Ford signe un premier long-métrage sensible et
digne, aux résonances universelles. Colin Firth incarne George Falconer, un professeur d’université britannique dans le Los Angeles des années 1960. Après dix ans de vie commune, George perd Jim,
son compagnon, dans un accident de la route. Comment se reconstruire lorsqu’on a perdu l’amour de sa vie ? Comment vivre avec sa solitude ? Telles sont les questions posées par ce drame
assez émouvant, porté par un Colin Firth en état de grâce. Une journée durant, George pense au suicide, avant qu’une série de rencontres lui fassent prendre conscience que la vie vaut la peine
d’être vécue. Il peut compter sur Charley (Juliane Moore, magnifique), son amie de toujours, ou encore sur l’un de ses jeunes étudiants…
Sur le fond, rien à redire, impossible de ne pas être ému par
cette histoire traitée avec dignité et sobriété. La forme s’avère en revanche moins convaincante, la mise en scène s’apparentant plus à une publicité pour un parfum de luxe. Tom Ford vient de la
mode et cela se voit parfois un peu trop. On se serait également passé de ces flashbacks un peu lourdingues renvoyant à l’image de l’être disparu. Mais que ces quelques fautes de goût de vous
empêchent pas d’apprécier à sa juste valeur un film touchant et émouvant, emmené par des acteurs formidables.
Visuels : © Mars Distribution
Par Jérôme Béalès
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Jeudi 11 février 2010
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16:10
Réalisé par Nikita Mikhalkov
Année de production : 2007
Avec Sergei Makovetsky, Nikita Mikhalkov, Sergey Garmash, Valentin Gaft...
Verdict : 14/20
12 jurés, un accusé, et un verdict à prononcer. L'histoire de 12 hommes en colère est connue, la pièce de Reginald Rose ayant été adaptée brillamment par Sydney Lumet pour le
chef-d'œuvre que l’on sait. Mais l’intérêt de ce 12 se situe dans son contexte entièrement russe. Comme la pièce d’origine, le film de Mikhalkov dénonce un certains nombres de travers de
la société russe, comme le racisme ou l’antisémitisme. Ici, l’accusé est un jeune tchétchène…
Contrairement à la version de Sydney Lumet, Nikita Mikhalkov se permet quelques entorses au principe de
huis-clos et filme plusieurs flashbacks racontant la jeunesse de l’accusé. On voit également celui-ci prostré dans sa cellule… Finalement, ces scènes – souvent lourdes – ne font pas le principal
intérêt de 12, qui trouve toute sa puissance dans le strict cadre du huis-clos. Dans la pièce réservée au jury (un vieux gymnase aménagé pour l’occasion !), chaque membre y va de
son monologue de plusieurs minutes, ce qui donne lieu à d’exceptionnelles performances d’acteurs. Ces joutes verbales, filmées de main de maître, font toute la saveur et l’émotion de ce 12
hommes en colère typiquement russe. Malgré sa durée importante (2 h 30 tout de même), on ne s’y ennuie jamais.
Photo : © Kinovista
Par Jérôme Béalès
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