Comédie dramatique

Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /2010 18:53
http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/une_education_affiche.jpgRéalisé par Lone Scherfing
Année de production : 2009
Avec Carrey Mulligan, Peter Sarsgaard, Alfred Molina...


Verdict : 12,5/20

Londres, 1961. Coincée dans un quotidien protégé mais strict et ennuyeux, Jenny, une jeune fille de 16 ans, sent souffler le vent de liberté qui commence à animer la jeunesse britannique. Elève brillante, elle se prépare à intégrer Oxford. Mais sa rencontre avec un homme beaucoup plus âgé qu’elle va changer la donne. Jenny commence à fréquenter la bonne société et les soirées mondaines. Rebelle, avide de culture et de découverte, la jeune fille devient une femme, au grand dam de ses parents…

Portée par une interprétation sans faille et des dialogues finement écrits, cette adaptation de l’autobiographie de la journaliste Lynn Barber offre une plongée réaliste dans une Grande-Bretagne en pleine transition, passant de l’apathie de l’après-guerre à la libération des mœurs des sixties.

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/une_education_sarsgaard_mulligan.jpgDans le rôle de Jenny, Carrey Mulligan est une véritable révélation. Elle parvient sans mal à incarner cette adolescente ambivalente, en proie au questionnement et au doute. Face à elle, Peter Saarsgard est impeccable en dandy drôle, séducteur et cultivé. Quant à Alfred Molina, il excelle comme à son habitude en père autoritaire et quelque peu dépassé par les événements.

Tous les ingrédients d’une excellente chronique sont donc réunis. Seulement voilà, la mise en scène de Lone Scherfig s’avère d’un académisme effrayant. Malgré une jolie photographie, la forme globale du long-métrage demeure complètement figée, la faute à une absence totale d’inventivité, que ce soit au niveau du montage comme des cadrages. Dommage, car l’histoire reste agréable et portée par des acteurs hors-pair. Une éducation, par sa maîtrise narrative et sa fainéantise esthétique, se pose donc en candidat sérieux pour les Oscar…


Visuels :
© Metropolitan FilmExport


Par Jérôme Béalès - Publié dans : Comédie dramatique - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 16:57
http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/affiche_achille_et_la_tortue.jpg
Réalisé par Takechi Kitano
Année de production : 2008
Avec Takeshi Kitano, Kanako Higuchi, Yurei Yanagi...

Verdict : 16/20

L’histoire : Depuis qu’il est enfant, Machisu ne rêve que d’une chose, devenir peintre. Contre vents et marées, il tente de mener sa barque et souhaite devenir un artiste reconnu. L’enfance, les jeunes années, puis l’âge mûr : on suit la carrière de ce peintre finalement raté durant les trois grandes étapes de la vie.

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/achille_et_la_tortue_1.jpgComique, chanteur, animateur de télévision, acteur, peintre… Takeshi Kitano est un véritable artiste touche-à-tout. Depuis Glory to the Filmmaker et Takeshi’s, le cinéaste met en abyme ses interrogations au sujet de son statut d’artiste et de la place de celui-ci dans la société. Achille et la tortue ne déroge pas à la règle. On aurait pu craindre un exercice de style un peu vain, voire nombriliste ou donneur de leçons, il n’en est heureusement rien. Kitano ne laisse pas le public au bord de la route et signe un long-métrage brillant, aussi drôle qu’émouvant.

Machisu, depuis ses jeunes années jusqu’à l’âge mûr, ne vit que pour la peinture. Malheureusement pour lui, il n’a pas de talent et copie involontairement les plus grands. Picasso, Mondrian, Klee, Basquiat, Warhol… Le peintre peine, c’est le moins que l’on puisse dire, à trouver son style. Machisu a beau s’essayer à toutes les techniques possibles et inimaginables, le résultat est au pire médiocre, au mieux impersonnel. De multiples tentatives qui donnent lieu à des scènes burlesques aussi drôles que jubilatoires, portées dans le dernier tiers du film par Kitano lui-même (Beat Takeshi, donc), au jeu à la fois intense et, comme à son habitude, impassible !

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/achille_et_la_tortue_2.jpgMais l’émotion n’est bien entendu pas laissée de côté. Le cinéaste nippon est vraiment passé maître dans l’art de souffler le chaud et le froid, de faire surgir quelques larmes derrière l’apparente légèreté. Impossible de ne pas s’émouvoir devant Machisu enfant, qui, devenu orphelin, se retrouve coincé dans une famille d’adoption qui ne le comprend pas. Lui veut peindre, son oncle le fait trimer. Mais l’artiste alors en herbe ne se décourage pas et persistera toute sa vie à faire ce qu’il aime. C’est là toute la beauté d’Achille et la tortue mais aussi tout son paradoxe : Machisu aura beau consacrer sa vie à son art, jamais il ne deviendra un peintre talentueux. Un constat amer mais sans concession ni démagogie, au service d’un film passionnant, qui confirme que Kitano n’a rien perdu de son intelligence de cinéaste.

Par Jérôme Béalès - Publié dans : Comédie dramatique - Communauté : Cinéma et culture alternative
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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 16:00
http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/affiche_in_the_air.jpg
(Up in the Air)
Réalisé par Jason Reitman
Année de production : 2009
Avec George Clooney, Vera Farmiga, Anna Kendrick, Jason Bateman...


Verdict : 10/20

Encensé par tous depuis Thank you for Smoking et le surestimé Juno, Jason Reitman semble avoir trouvé la formule magique pour contenter aussi bien le public que les critiques. In the Air ne déroge pas à la règle. Ambiance éthérée et douce-amère, morceaux indie-pop à la mode et héros cynique permettant de jouer la carte du politiquement incorrect. Malgré la présence d’un personnage de consultant cynique spécialisé dans l’art (si l’on peut dire) du licenciement (George Clooney), la charge politique sous-jacente ne s’avère pas bien mordante. Reitman, en situant son intrigue dans le contexte de la crise économique gravissime qui a récemment frappé les Etats-Unis, surfe seulement sur l’air du temps. Tout au long du film, Ryan Bingham (Clooney donc) ne remet jamais en cause les principes de son métier, mais seulement la façon de le pratiquer. Virer des gens d’accord, mais pas par écrans interposés, comme le propose justement une nouvelle cadre aux dents longues (Anna Kendrick). http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/in_the_air_clooney_kendrick.jpgBref, malgré quelques séquences bien senties tournant autour d’entretiens de licenciements, le long-métrage se drape rapidement des atours convenus de la comédie romantique. Bingham, qui passe en effet tout son temps en voyage, adore ce style de vie. Etre seul, loin de sa famille, est pour lui la meilleure façon de vivre. Jusqu’au jour où il rencontre une ravissante femme d’affaires (Vera Farmiga, épatante) qui partage son goût pour l’indépendance et les relations sans lendemain. Dès lors, Bingham commence à ressentir le besoin d’être entouré…

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/39163112315280740/in_the_air_clooney_farmiga.jpg

Reitman en profite ainsi pour asséner une morale pour le moins prévisible : la famille plutôt que la solitude. Rien de bien subversif donc, même si le cinéaste a la politesse de nous épargner le traditionnel happy-end.
Malgré ces quelques bémols, In the Air est tout de même une comédie plaisante, et qui se révèle surtout pertinente pour dénoncer les travers d’une société paradoxalement déshumanisée par un trop-plein de moyens de communication.
George Clooney est comme à son habitude impeccable et les seconds rôles ne sont pas en reste. La mise en scène demeure quant à elle sans grandes idées, pour ne pas dire faiblarde. Un petit divertissement parfait pour un dimanche pluvieux donc, mais loin, très loin du grand film annoncé. C’est sûr, In the Air ne vous fera pas monter au septième ciel…

Visuels : © Paramount Pictures France

Par Jérôme Béalès - Publié dans : Comédie dramatique - Communauté : Webzine cinéma
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 14:50
Réalisé par Lisa Azuelos
Année de production : 2008
Avec Sophie Marceau, Christa Theret, Alexandre Astier, Jocelyn Quivrin...


Verdict : 02/20

Pas moins de deux mois et demi à l'affiche et plus de trois millions d'entrées pour un film qui, selon sa réalisatrice Lisa Azuelos, s'adresse « aux jeunes de 7 à 77 ans ». LOL serait donc un film transgénérationnel et universel. A la vue de cette comédie aussi inoffensive que démago, il est permis d’en douter. Azuelos ne s’adresse pas à tous les jeunes non, mais seulement aux ados friqués des grands lycées parisiens. Les « héros » de LOL, campés par une bande d’acteurs têtes à claques, habitent dans de magnifiques appartements en plein centre de la Capitale. Comble du réalisme, ceux-ci sont tous de véritables gravures de mode. Ben voyons ! On a même droit au fils de ministre, qui aura droit – quelle audace ! – aux faveurs de la jolie blonde dans les toilettes du lycée…
Et puis il y a Lola. Lola elle a « trop pas » de chance en amour mais évidemment ça finira par s’arranger. Heureusement, elle a une maman super géniale, interprétée par Sophie Marceau. Et maman tu vois, elle est vachement jeune dans sa tête. Parce qu’elle est trop rebelle tu vois, elle fume des pet’ dans sa chambre. Evidemment, maman ne se doute pas que fifille fait pareil. Comme tous ses amis, Lola a des préoccupations bien de son âge se résumant au sexe, à la fête et aux fringues. Les mecs de sa bande ont la mèche rebelle et jouent du pop rock façon BB Brunes. Ce n’est qu’un petit aperçu du côté soi-disant universel du film. Une belle arnaque donc, doublée d'un script fainéant et de dialogues indigents. Affirmer que tous les ados se reconnaîtront dans ce ramassis de clichés tient au mieux de la naïveté, au pire du foutage de gueule. On penche pour la seconde solution.
Visuels : Allociné / © David Koskas

Par Jérôme Béalès - Publié dans : Comédie dramatique - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /2009 11:50
(Beyond the Valley of the Dolls)
Réalisé par Russ Meyer
Année de production : 1970
Avec Dolly Read, Cynthia Myers, Charles Napier...


Verdict : 14/20

Fans de cinéma totalement décalé, libre et délirant, les films de Russ Meyer sont pour vous ! Cette Vallée des plaisirs risque toutefois de faire quelque peu mentir la phrase précédente, tant le film s’éloigne des délires érotomanes de la série des Vixens. Attention, ce n’est pas pour autant que vous ne verrez pas de jolis corps dénudés et de poitrines généreuses. Amis voyeurs, ou tout simplement amateurs de belles pouliches dévergondées, rassurez-vous : les nanas de Beyond the Valley of the Dolls sont non seulement superbes, mais jouent en plus de l’excellent rock ! C’est le cas des trois héroïnes, qui forment un petit groupe dont le son rappelle le génial Jefferson Airplane. Le trio ne tarde pas à tenter sa chance à Hollywood, temple, comme chacun le sait, de tous les vices.

photo beyond valley dolls russ meyer

Alcool, drogues et sexe à tous les étages : voilà le cocktail dévastateur de cette comédie géniale. Baignant dans une lumière éthérée, le long-métrage bénéficie d’une mise en scène classieuse et d’un montage extrêmement inventif. Russ Meyer a soigné la forme et ça se voit ! Le cinéaste, docteur ès gros lolos, n’avait pas son pareil pour mettre en valeur les courbes avantageuses de ses actrices.  L’esthétique est donc le gros point fort du film mais le scénario réserve dans son dernier tiers des surprises hallucinantes dont il est difficile de se remettre. Avec ce fourmillement d’expérimentations, d’ironie et de fulgurances, Russ Meyer prouve une fois encore son incroyable liberté. Chapeau l’artiste !

Par Jérôme Béalès - Publié dans : Comédie dramatique - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
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