Historique

Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /2010 19:49
invictus-affiche.jpg
Réalisé par Clint Eastwood
Année de production : 2009
Avec Morgan Freeman, Matt Damon...


Verdict : 12/20

Pour son trentième long-métrage, Clint Eastwood part en Afrique du Sud à un moment-clé de son Histoire. En 1994, Nelson Mandela est élu à la présidence et suscite un immense espoir. Du moins chez les Noirs du pays. Chez les Blancs, l’enthousiasme se révèle beaucoup moins prégnant. L’Apartheid est terminé, mais l’Afrique du Sud doit panser ses plaies. L’heure de la réconciliation est venue. Mandela mise alors sur le rugby et sa si contestée équipe des Springboks. Pour le leader de la Nation arc-en-ciel, seule une victoire à la coupe du monde organisée à domicile l'an prochain permettra enfin de faire naître l’osmose. Réunir tout un peuple autour du rugby, le pari est fou, mais avec l’aide de François Pienaar (Matt Damon), capitaine des Boks, il sera mené à bien.

invictus-damon-2.jpg
De l’humanisme aux bons sentiments, il n’y a qu’un pas et Eastwood l’a malheureusement franchi. Ce sujet propice aux grands élans d’émotion, le réalisateur vétéran le mène d’une façon très efficace mais est loin de rendre une copie parfaite. La faute à quelques scories de mise en scène (on pense à la visite par Pienaar de la geôle de Mandela, où le leader sud-africain apparaît alors en transparence : quelle faute de goût !) et à certains choix musicaux horribles. Quant au final, attendu, impossible de ne pas le trouver un peu forcé.

Malgré ces quelques bémols, Eastwood délivre une narration très habile. En décrivant les tensions au sein même de l’équipe de sécurité de Mandela, qui mêlait à dessein gardes du corps noirs et blancs, il parvient à montrer l’état de tout un pays. Bien joué. Même chose pour l’évocation de la famille de François Pienaar, qui montre bien le pessimisme et l’inquiétude de plusieurs Blancs de l’époque face aux changements politiques de leur pays.

invictus-damon-freeman.jpg

Mais si Invictus mérite d’être vu, c’est bien pour la prestation de Morgan Freeman, qui a rarement été aussi bon. Tirant parti de sa ressemblance physique avec « Madiba », l’acteur parfait le trait en imitant à merveille l’accent du président. Surtout, grâce à un jeu tout en finesse, mêlant calme, autorité et bonhomie, Freeman parvient sans mal à montrer toute la sagesse de Mandela. Interpréter une telle figure de l’Histoire n’était pas aisé et on peut lui tirer un grand coup de chapeau.
Face à lui, Matt Damon s’en tire très bien et s’avère parfaitement crédible en capitaine-courage des Springboks.

Invictus est donc loin d’être honteux et possède un souffle épique certain, grâce notamment à des scènes de rugby superbement filmées qui raviront les amateurs de ballon ovale. Dommage qu’Eastwood s’embourbe par endroits dans un manque de subtilité qu’on ne lui connaissait pas. On aurait également aimé connaître d’autres facettes de Mandela et pas uniquement son goût stratégique pour le rugby. De sa politique socio-économique, on ne saura rien.
Bref, Invictus n’est pas un chef-d’œuvre, juste un film agréable. Mais face à une oeuvre signée Clint Eastwood, difficile de ne pas espérer l’excellence ! C’est sûr, ce sera pour le prochain.

Par Jérôme Béalès - Publié dans : Historique - Communauté : Cinéma
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 16:23
tsar pavel lounguine affiche
(Tsar)
Réalisé par Pavel Lounguine
Année de production : 2009
Avec Piotr Mamonov, Oleg Iankovski, Yuri Kuznetzov


Sortie le 13 janvier 2010

Verdict :
13/20

Dans la Russie du XVIe siècle, le Tsar Ivan IV, dit "Le Terrible", et son métropolite Philippe (chef de l'Eglise orthodoxe) se livrent une véritable bataille des idées. Face à la personnalité versatile du souverain, le vertueux Philippe ne sait plus sur quel pied danser. Il faut dire qu'Ivan est en plein délire mystique et ne tolère plus aucune opposition, se croyant dépositaire de la volonté divine. Le Tsar peut compter sur de fidèles et violents serviteurs, formant une milice sans foi ni loi. Surnommés les "chiens du tsar", ces brigands sont reconnaissables à la tête de canidé qu'ils laissent pendre à la selle de leur cheval...

tsar pavel lounguine photo ivan philippe
Contesté à l'intérieur du royaume, menacé aux frontières par l'ennemi polonais, Ivan le Terrible sombre peu à peu dans la cruauté et la paranoïa. Pavel Lounguine nous conte cette descente aux enfers avec un certain panache, même s'il est difficile de passer après la grande fresque de Sergueï Eisenstein. Aidé par une photo magnifique de contrastes signée Tom Stern, le chef-op' attitré de Clint Eastwood, Lounguine délivre une mise en scène puissante et fiévreuse, collant au plus près des deux personnages principaux, Ivan et Philippe.
Ces derniers sont respectivement interprétés par Piotr Mamonov et Oleg Iankovski, deux excellents acteurs bien connus des spectateurs russes. Mamonov, dans le rôle d'Ivan, livre à cet égard une prestation ébouriffante, parvenant à incarner aussi bien la douceur que la folie latente.
Malgré ses nombreuses qualités, il faut bien avouer que le film de Pavel Lounguine ennuie parfois un peu, la faute à une succession de scènes mystiques (lorsque Ivan s'adresse à Dieu) qui, malgré leur beauté, finissent par devenir assez redondantes. Reste un film à l'ambiance prenante, plastiquement superbe et parfois très violent, qui ne raconte finalement que deux années de la vie du tsar. C'est à la fois peu et beaucoup.
Par Jérôme Béalès - Publié dans : Historique
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