Cinéma, critiques de films - Les Yeux sur l'Ecran
(Paths of Glory)Réalisé par Stanley Kubrick
Année de production : 1957
Avec Kirk Douglas, Ralph Meeker, Adolphe Menjou...
Verdict : 17/20
L'histoire de trois soldats condamnés à mort pour avoir refusé d'avancer durant une offensive contre une position allemande réputée imprenable. Par rapport à Orange mécanique ou 2001, Les sentiers de la gloire n'est pas le plus connu des films de Stanley Kubrick. Quel dommage ! Porté par un grand Kirk Douglas, le long-métrage nous plonge dans l'horreur de la Première Guerre mondiale et traite d'un sujet assez peu souvent abordé : les mutineries de 1916.
Kubrick pointe du doigt l'absurdité de la guerre et le mépris pour la vie humaine que peuvent avoir
certains gradés pour leurs subalternes. Sans mauvais jeu de mot, l'Etat-Major de l'armée française en prend ici vraiment pour son grade, ce qui entraîna d'ailleurs une interdiction du film
pendant quinze ans dans notre beau pays...Comme souvent chez Kubrick, le fond ne va pas sans la forme et le cinéaste délivre une mise en scène superbe, dont les magnifiques travellings balayant les tranchées sont restés dans toutes les mémoires.
Pamphlet antimilitariste par excellence, Les sentiers de la gloire (titre ô combien ironique !) est un chef-d'oeuvre absolu et probablement l'un des plus grands films consacrés à la guerre jamais tournés. En ce 11 novembre gavé de cérémonies commémoratives télévisées, voilà le moyen parfait d'exercer son devoir de mémoire...
Mer 11 nov 2009
5 commentaires
j'ai pue en voir une grande partie des film de Kubrick mais celui-la je ne l'ai pas vue il faudra que je le voie.
Rémi - le 11/11/2009 à 09h19
salut Rémi ! oui il faut absolument que tu le voies, il est vraiment très marquant !
Jérôme - le 11/11/2009 à 13h25
Grand grand film... d'ailleurs les 3 premiers Kubrick (les moins vus et les moins cités quand on parle de lui) sont déjà des chefs d'oeuvres
Niko06 - le 13/11/2009 à 15h40
oui c'est vrai. Ils sont beaucoup moins connus et c'est plutôt injuste.
Jérôme - le 13/11/2009 à 17h55
Un immense chef d'oeuvre. Attention quand tu dis que chez Kubrick le fond ne va jamais sans la forme. D'abord c'est le lot de tout cinéaste qui se respecte... Ou pas, quand tu vois un film au
contenu pauvre, style une comédie française bas de gamme, du style Je ne dis pas non, pas beaucoup de fond (si il y en a) et une forme réduite à peau de chagrin. Ensuite, il faudrait expliciter ce
rapport, en disant que Kubrick, qui assis davantage sa mise en scène hyper rigoureuse, portée pour aller vite sur un découpage à la simplicité évidente (traduire par qui confine au génie), emploie
les figures de la symétrie pour souligner la rigidité inuhmaine de cet univers. Celui bien entendu de la cour Martiale (voir le séquence d'auditions), et celui des tranchées aussi élémentaire (se
cacher, tuer, avancer, autant de règles figées). L'utilisation de la focale courte qui donne sur le champ de bataille un monde démeusuré. Le désordre viendra dans ce monde à la rigidité parfois
stalinienne, (le procès du film se nourrit aussi bien de ceux de la grande guerre que des cours d'assises totalitaires) des larmes des soldats face à la cancatrice allemande, où le chant bouleverse
les règles posées par l'image. On trouve déjà, par conséquent la dichtomie, complémentarité du visuel et du sonore qui irrigue une large part du travail de Kubrick.
Chapeau, c'est un excellent blog, passionné et bien écrit.
Chapeau, c'est un excellent blog, passionné et bien écrit.
Yann - le 14/11/2009 à 19h47
Bonsoir Yann et merci pour ce commentaire très fouillé.
Une précision cependant : sur ma phrase sur le fond et la forme, j'avoue qu'elle est un peu passe-partout. J'ai dû écrire un peu vite. Toutefois, je suis moins d'accord avec le fait qu'elle s'applique à "tout cinéaste qui se respecte". Un exemple parmi d'autres, mais pour Ken Loach (que j'aime bien), je trouve le fond très intéressant mais la forme assez pauvre. Il n'est clairement pas un cinéaste visuel.
Merci pour tes compliments et au plaisir de te revoir par ici !
Une précision cependant : sur ma phrase sur le fond et la forme, j'avoue qu'elle est un peu passe-partout. J'ai dû écrire un peu vite. Toutefois, je suis moins d'accord avec le fait qu'elle s'applique à "tout cinéaste qui se respecte". Un exemple parmi d'autres, mais pour Ken Loach (que j'aime bien), je trouve le fond très intéressant mais la forme assez pauvre. Il n'est clairement pas un cinéaste visuel.
Merci pour tes compliments et au plaisir de te revoir par ici !
Jérôme Béalès