Cinéma, critiques de films - Les Yeux sur l'Ecran
(L'Ultimo treno della
notte)
Réalisé par Aldo Lado
Année de production : 1975
Avec Flavio Bucci, Laura d’Angelo, Irene Miracle, Macha Méril…
Verdict : 13/20
Deux étudiantes partent d’Allemagne rejoindre leur famille en Italie pour Noël. Dans le train, elles se font sauvagement agresser et violer par deux marginaux…
Décalque scénaristique de La dernière maison sur la gauche de Wes Craven, sorti trois ans plus tôt, Le dernier train de la nuit appartient à la très sulfureuse catégorie du rape & revenge. Suivant la trame quasi immuable de ce sous-genre du film d’exploitation (le viol d’une ou plusieurs jeunes filles suivi de la vengeance des victimes ou de leur famille), le long-métrage d’Aldo Lado, un honnête artisan du cinéma bis italien, se démarque par sa mise en scène très maîtrisée, ses musiques entêtantes signées Ennio Morricone, et son ambiance étouffante.
L’espace confiné du train renforce cette sensation claustrophobique et immerge le spectateur dans le cauchemar vécu par ces deux adolescentes. Au centre de ce huis-clos malsain, Macha Méril, ancienne égérie de la Nouvelle Vague, incarne brillamment une passagère inquiétante et énigmatique. Flavio Bucci et Gianfranco de Grassi interprètent quant à eux les deux agresseurs. S’ils ne s’en sortent pas trop mal, il n’égalent pourtant pas la prestation hallucinante de David Hess dans La dernière maison sur la gauche ou La maison au fond du parc.
Comme beaucoup de ses confrères transalpins de la série B, Aldo Lado
surfe bien entendu sur le succès du film de Craven. Il parvient toutefois à donner une identité proprement italienne à son film, par le biais d’une mise en scène confinant parfois au baroque. Il
faut admirer le jeu sur l’éclairage, dans les scènes nocturnes, offrant au long-métrage une ambiance irréelle, pour s’en convaincre. Sur le fond, Lado se paye même le luxe d’une critique
assez virulente de la bourgeoisie italienne. Entre le sordide et le message politique, l’équilibre demeure plutôt fragile mais confère au Dernier train de la nuit
le charme si particulier des séries B italiennes de
l’époque.
oui, c'est plutôt un bon choix, pas un chef-d'oeuvre mais un petit classique assez trash par moment. Par contre, il ne faut pas se fier à l'accroche pub sur la jaquette : ce n'est pas non plus un sommet d'horreurs ! c'est pas mal psychologique par moment !