Cinéma, critiques de films - Les Yeux sur l'Ecran

Réalisé par Nicolas Winding Refn
Année de production : 2009
Avec Mads Mikkelsen, Maarten Steven, Jamie Sive...
Sortie le 10 mars 2010
Verdict : 17/20
Après Bronson, faux biopic barré et jubilatoire sur la vie du taulard le plus dangereux d’Angleterre, Nicolas Winding Refn a enfin réalisé le projet qui lui tenait tant à cœur depuis longtemps : Valhalla Rising – Le guerrier silencieux. Le résultat : un trip mystique et métaphysique aussi fascinant que déstabilisant.
Une heure trente durant, on suit les traces de One-Eye, un guerrier borgne et muet, retenu longtemps prisonnier par Barde, un redoutable chef de clan. Ces années de captivité, que l’on devine nombreuses, l’ont endurci à l’extrême, pour finir par le transformer en un guerrier redoutable. Une trajectoire qui n’est pas sans rappeler les jeunes années de Conan le Cimmérien. On le verra, la comparaison s’arrête là. Un jour, One-Eye parvient à s’échapper, ne laissant derrière lui que des cadavres. Il poursuivra sa route, accompagné d’un jeune garçon, jusqu’à entraîner avec lui plusieurs guerriers vikings vers une destination inconnue…
Sous les traits de ce guerrier iconique, on retrouve l’immense
Mads Mikkelsen, qui renoue depuis Pusher avec le cinéaste qui l’a révélé. Aussi mutique qu’intense, l’acteur livre une prestation impressionnante, sans jamais ouvrir la bouche. Une
performance magnifiée par la mise en scène de NWR, d’une puissance incroyable. Tourné le plus souvent à l’épaule, Le guerrier silencieux bénéficie de cadrages ultra recherchés, d'une
photographie sublime ainsi que de choix formels réellement audacieux. Le montage alterné est d’une habileté à toutes épreuves et l’on se souviendra longtemps des visions de One-Eye, baroques et
tourmentées.
Le cinéaste colle littéralement à ses personnages et les place au milieu d’une nature filmée avec une égale virtuosité. L’ensemble est magnifié par un traitement sonore au diapason : la musique synthétique, quasi industrielle et aux basses puissantes, immerge le spectateur dans une ambiance pesante et hypnotique.
L’ensemble, avouons-le, relève du suicide commercial pur et
simple. Lent et contemplatif, souvent abscons, Le guerrier silencieux risque fort de s’aliéner la moitié du public et de la critique. Qu’importe. Suivre ces guerriers, aux visages
hagards, perdus au cœur des montagnes, les voir recroquevillés dans leur bateau au milieu de la brume, mourant de faim et de soif, est une expérience à bien des égards fascinante et qui rappelle
le chef-d’œuvre de Werner Herzog, Aguirre, la colère de Dieu.
Bref, ceux qui espéraient des combats épiques à la Braveheart risquent d’être bien déçus. Les autres, quant à eux, se délecteront de cette ambiance mystique et déliquescente, parsemé à quelques occasions d’éclats de violence à la brutalité inouïe. Le Guerrier silencieux est donc une œuvre exigeante, dont les fulgurances visuelles et l’audace forcent le respect.
Visuels : © Le Pacte
On est d'accord : c'est vraiment du très lourd. et plus j'y pense avec le recul, plus j'ai envie de le revoir ! après, il va en laisser plus d'un au bord de la route, c'est sûr !
Je note
oui, tu peux noter, ce film est une vraie bombe ! après, j'espère que tu aimes le cinoche contemplatif !
Enorme déception pour ma part, j'avais foncé tête baissée en salles après avoir vu les quatre premières minutes du film sur internet. Pour moi, le point de bascule, c'est le voyage en drakkar. Ensuite, je ne ressens plus rien ; aussi paumé que la bande de chrétiens. Heureusement, la musique reste exceptionnelle sur tout le film.
Je lui préfère sans le moindre doute Aguirre ou Stalker.
On ne peut plus d'accord, on a vu un très grand film je crois, qui va forcément diviser mais quelle puissance tout de même!!
Du grand cinéma sensoriel!